Il serait, selon certains observateurs, une des clés de la légendaire stabilité économique helvétique. Créé il y a près de 80 ans, en pleine crise économique, le wir, monnaie complémentaire interentreprises suisse louée pour ses vertus anticycliques, suscite de plus en plus d’intérêt dans l’hexagone.

 

Montée en flèche des inégalités, folies du capitalisme financier révélées par la crise des «·subprimes·», épuisement des ressources naturelles et dérèglement des écosystèmes, crise alimentaire mondiale. Vingt ans après la chute du mur de Berlin, qui avait fait croire à «·la fin de l’histoire·», la globalisation

révèle de plus en plus son caractère pernicieux. Est-ce le début de la fin de la globalisation s’interrogent Marie-Paule Virard, journaliste, ex-rédactrice en chef du magazine Enjeux-Les Echos et Raoul-Marc Jennar, docteur en sciences politiques et chercheur sur les dossiers·de l’Organisation mondiale du commerce.

 

Il serait, selon certains observateurs, une des clés de la légendaire stabilité économique helvétique. Créé il y a près de 80 ans, en pleine crise économique, le wir, monnaie complémentaire interentreprises suisse louée pour ses vertus anticycliques, suscite de plus en plus d’intérêt dans l’hexagone.

 

« Pour la première fois, dans l'histoire du monde, les puissances spirituelles ont été toutes ensemble refoulées non point par les puissances matérielles mais par une seule puissance matérielle qui est la puissance de l'argent. Pour la première fois dans l'histoire du monde, l'argent est maître sans limitation ni mesure. (...) Il ne faut donc pas dire seulement que dans le monde moderne l'échelle des valeurs a été bouleversée. Il faut dire qu'elle a été anéantie, puisque l'appareil de mesure et d'échange et d'évaluation a envahi toute la valeur qu'il devait servir à mesurer, échanger, évaluer. (…)  L’instrument est devenu la matière et l’objet et le monde. (…) De là est venue cette immense prostitution du monde moderne. » Cette citation au rythme inimitable, lent et terrien, réfractaire à l’impatience du lecteur, est extraite d’une « Note conjointe sur Descartes et la philosophie cartésienne » écrite par Charles Péguy dans les années 1909- 1914. Cent ans après la rédaction de ces propos, l’argent à poursuivi son inexorable progression pénétrant peu à peu tous les domaines de la vie sociale et privée jusqu’à ses recoins les plus intimes. Ne parle-t-on pas aujourd’hui de brevets sur le vivant, de banques d’organes et de banques de sperme?

L’argent a cessé d’être un moyen pour devenir une fin en soi, un instrument de domination et d’accaparement au service des plus riches. Il est devenu un frein à l’échange pour tous ceux qui en sont privés. Il est urgent de revenir, aujourd’hui, à sa fonction essentielle : l’échange. Tel est l’objectif des monnaies complémentaires.

 

Herv Kempf

 

Un entretien avec Hervé Kempf

 

Les contraintes écologiques interdisent que le niveau de vie occidental se généralise à l’échelle du monde. La planète n'aura pas la capacité d'absorber les effets de l'activité humaine si le niveau de vie des pays émergents continue à s'élever au rythme actuel. L’Occident devra accepter de voir baisser son niveau de vie pour ne pas courir le risque d'affrontements violents et de guerres civiles. C'est la thèse développée, dans son dernier livre « Fin de l'Occident, naissance du monde", par Hervé Kempf, journaliste au Monde.

« Il sert à mesurer tout, sauf ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue », brocardait Robert Kennedy en évoquant le PNB, l’indicateur de référence de nos sociétés. Au Bhoutan, le PNB a été détrôné par le BNB, le Bonheur national brut. Le bonheur, crime de lèse-majesté, a été placé au dessus de la richesse économique. A quand un Bonheur International Brut ? Reportage au pays du Dragon et de l’authenticité, de Paro à Bhumtang.

Montée en flèche des inégalités, folies du capitalisme financier, épuisement des ressources naturelles, dérèglement des écosystèmes et crise alimentaire mondiale. Dix-huit ans après la création de l’O.M.C, le traité fondateur de la mondialisation, qui oserait encore parler de mondialisation heureuse ? Celle ci n’a profité qu’à une infime minorité, à ces 1% issus des élites économiques et politiques, dénoncées par les Indignés, dont les revenus ont outrageusement enflés.

morin
« Vivre, c’est vivre poétiquement, non survivre. »

Sociologue et philosophe, auteur d’une ambitieuse Méthode de la pensée complexe, directeur de recherche émérite au CNRS, Edgar Morin est l’un des penseurs les plus originaux de notre époque.

Dans un de ses ouvrages, « Une politique de civilisation » publié en 1997, il proposait des pistes pour sortir d’une crise qu’il qualifiait alors de crise de civilisation.

Cette étude constituait un prélude à une recherche plus vaste, parue en ce début d’année et intitulée La Voie. Edgar Morin présente dans son dernier livre un ensemble de voies réformatrices susceptibles de « sauver l’humanité des désastres qui la menacent ».

« Tout est à réformer et transformer. Mais tout a déjà commencé sans qu’on le sache encore, écrit-il dans La Voie. Des myriades d’initiatives fleurissent partout sur la planète. Certes, elles sont souvent ignorées, mais chacune, sur sa voie, apporte reliance et conscience. Travaillons à diagnostiquer, à transformer. Travaillons à relier, toujours relier. » Entretien avec l’auteur.

Serge Latouche_1Sortir de la société de consommation

«·La fête est finie·». Le rejet du développement à l’Occidentale, synonyme de gabegie et d’immenses gâchis, se manifeste aujourd’hui plus nettement au Nord comme au Sud. En Amérique latine, en Bolivie et en Equateur notamment, où des dirigeants portés au pouvoir par des mouvements indigènes tentent d’introduire

Le PIB mondial qui était de 6 000 milliards de dollars en 1950 a été multiplié par sept en l’espace de 50 ans pour atteindre 43 000 milliards de dollars en 2000. L’accumulation illimitée, la croissance infinie des biens et des services est elle compatible avec une planète finie·? «·Non·», répondent les partisans de la décroissance pour lesquels il convient d’abandonner le culte irrationnel et quasi religieux de la croissance pour la croissance. Pour lui substituer un modèle économique et social plus sobre et convivial, reposant sur la simplicité volontaire et la solidarité entre les hommes. Serge Latouche et Jacques Généreux, deux professeurs d’économie, nous livrent leurs points de vu sur la décroissance.

Citation

"L'utopie est un mirage que personne n'a jamais atteint, mais sans lequel aucune caravane ne serait jamais partie."

Proverbe arabe

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